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L’Europe aux portes du Finistère

Sur initiative de l’Association Française du Conseil des Communes et Régions d’Europe (AFCCRE) et du Conseil départemental du Finistère a eu lieu Jeudi 20 septembre dernier un débat sur les politiques européennes de cohésion en présence de nombreux élu.es Finistrien.ne.s et Breton.ne.s. Au total c’est près de cinquante personnes qui ont pu débattre et échanger à la maison du département à Quimper sur la question de l’Europe et des territoires.

 

De nombreux élu.es et porteurs de projets sont intervenus pour rappeler la nécessité absolue de rendre concrète l’Europe et d’expliquer les actions en cours. Trop souvent pointée du doigt comme étant trop technocratique, déconnectée voir nocive pour les intérêts des citoyens, l’objectif de ce temps de travail était de montrer à quoi sert l’Europe et comment se développent les projets sur les territoires.

Ce débat a été l’occasion de rappeler les enjeux de cohésion et de solidarité sous tendus par l’action de l’UE. Nathalie Sarrabezolles, Présidente du Conseil départemental du Finistère a décrit le caractère transversal des projets européens. En effet « l’UE permet de mettre en œuvre ces projets d’envergure en coopération avec d’autres territoires ».

En Finistère les aides européennes représentent plus de 45 millions d’euros par an dédiés à la recherche,  aux transports ou encore à la coopération. C’est notamment le cas du projet SANA, lancé officiellement le 5 avril en partenariat entre le Conseil départemental, le comité départemental de handisport du Finistère, la CIM Alto Minho (collectivité portugaise) et AGAN+ (Association des activités nautiques de Galice, Espagne). Ce projet vise à améliorer l’offre sportive de pleine nature (sports nautiques, randonnée, vélo) pour les personnes en situation de handicap.

Lors de la première table ronde intitulée « La politique de cohésion aujourd’hui : impact, valeur ajoutée et mode opératoire », Frédérique Bonnard-Le Floch en charge des questions européennes au Conseil départemental a alerté sur les conséquences du vote populiste, « nous n’avons pas intérêt à laisser l’Europe aux anti-européens » a-t-elle martelée. Elle a également pointé dans son intervention « la proximité entre l’action du département et l’Europe dans le domaine des solidarités et de la recherche ». La conseillère départementale a plaidé pour la mise en œuvre d’une stratégie européenne territoriale afin d’encourager encore la mise en œuvre de projet et le financement d’actions d’envergures.

Nadia Ameziane, directrice de la Station marine de Concarneau-MNHN a apporté son regard de terrain sur le fonctionnement de l’Union. Elle a notamment tenue à rassurer les porteurs de projet. En effet, « même si les procédures européennes en termes de financements de projets sont complexes pour certaines structures, elles s’adaptent à ces nouvelles contraintes ».

Lors de la seconde table ronde intitulée « Et après 2020 ? Quelles perspectives pour la politique européenne de cohésion ? » Forrough Salami-Dadkhah, Vice-Présidente de la Région Bretagne, chargée de l’Europe et de l’international  est intervenue  pour expliquer les  actions du Conseil régional de Bretagne et a rappelé la nécessité de développer une « Europe des territoires ». A ses côtés, Isabelle Thomas, députée européenne et Michaël Quernez, 1er Vice-Président du Conseil départemental du Finistère ont dénoncé les orientations budgétaires prises par la commission européenne. « Nous ne pouvons-nous contenter de dénoncer la politique de l’Italie ou de la Hongrie sans proposer d’autres horizons à l’Union européenne » a rappelé ce dernier.

Ainsi, que ce soit en termes de valeurs ou de missions, ce temps d’échanges organisé par l’AFCCRE a été l’occasion de fédérer autour de la question européenne. En dépit de nombreuses critiques, parfois justifiée,  la quantité de projets en cours dans les domaines de la recherche, de l’insertion ou des échanges culturels montre la nécessité de poursuivre les efforts et d’aller plus loin dans la mise en œuvre de nouvelles actions. Cette vision d’une Europe plus protectrice et plus ambitieuse pour les territoires, seuls les sociaux-démocrates sont en capacité de la proposer, nous l’avons encore une fois constaté ce jeudi.