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Pêcheurs et territoires : Le Conseil général plaide pour une autre vision de la politique commune des pêches

A l’initiative conjointe de Pierre MAILLE, Président du Conseil général, de Jean-Yves LE DRIAN, Président du Conseil régional et d’André LE BERRE, Président du Comité régional des pêches, une réunion d’échanges sur le projet de réforme de la politique commune des pêches (PCP) s’est tenue le 1er octobre 2011 à la Maison du département, associant professionnels et décideurs politiques.

Avec 1 200 km de côtes, plus du 1/4 de la pêche fraîche française, 4 des 6 premiers ports nationaux, et un pôle de recherche halieutique dynamique, le Finistère est le premier département de pêche français. Désireux de parler d’une seule voix pour défendre la pêche bretonne et finistérienne, le Conseil général du Finistère, la Région et le Comité régional des pêches s’associent pour exprimer leurs vives inquiétudes face aux propositions de la Commission Européenne.

Dans une déclaration commune, ils dénoncent un projet mettant en danger l’avenir de la pêche en Bretagne et ne répondant pas aux exigences de pêche durable, une proposition centrée uniquement sur la gestion des ressources et négligeant complètement les aspects humains, sociaux, et économiques. Le principe généralisé de « quotas individuels transférables » sonnera le glas de la gestion collective d’une ressource halieutique commune au profit d’un modèle spéculatif. Il conduira à une privatisation de la ressource, à la concentration des pêcheries et la disparition de la pêche artisanale. La « règle zéro rejet  » contribuera surtout au développement d’une filière commerciale des farines animales aux dépens de la pêche. Les efforts importants de sélectivité réalisés par les pêcheurs seront réduits à néant. Aucune proposition n’est faite pour une gouvernance durable impliquant la participation active de tous et l’adaptation aux spécificités locales. La proposition d’une nouvelle Organisation Commune des Marchés, ainsi que la révision des aides publiques dans un sens restrictif, frappera durement la pêche, et indirectement les activités liées. La commission elle-même évalue, dans l’étude d’impact de son projet, une suppression d’emplois de l’ordre de 10 à 20% !

Pour le groupe « Finistère à gauche, Finistère pour tous », ces propositions se font au détriment d’une approche environnementale globale, de l’emploi et des enjeux socio-économiques des territoires.

Ce projet de réforme de la PCP laisse présager une dévitalisation forte des territoires littoraux dépendants de la pêche, comme l’est notre département, aussi bien au niveau des ports que des entreprises de l’amont et l’aval.

De nombreux acteurs sont également oubliés : les collectivités territoriales, les conchyliculteurs et les pêcheurs à pieds, les femmes ou encore les jeunes…

Ce projet peut et doit être modifié en profondeur : pour répondre aux exigences du développement durable, prendre en compte les préoccupations des acteurs et les besoins des territoires, permettre la construction et la modernisation des bateaux et le soutien aux équipements portuaires.

Pour la première fois, le Parlement européen se prononcera au même niveau que le Conseil des Ministres européen. C’est pourquoi, au moment où les parlementaires européens se penchent sur la première lecture de ce projet, la mobilisation de tous est nécessaire afin de le faire évoluer favorablement.

Le groupe de la majorité, à l’occasion de la session plénière qui se tiendra le 17 octobre, soumettra ainsi à l’assemblée départementale un avis sur le projet de réforme dans l’esprit de la contribution sur la PCP qu’il avait fait adopter le 10 décembre 2009 lors de la parution du Livre Vert de la Commission.

Défendons ensemble une vision intégrée du secteur de la pêche alliant développement économique, social et territorial !

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