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Pierre Maille : « le Pacte d’Avenir est un acte de confiance et une reconnaissance par l’Etat de la spécificité de la Bretagne »

MAILLE PierreEn ouverture de la séance plénière du Conseil général du 16 décembre 2013, le président Pierre MAILLE  est revenu sur la situation économique de la région et sur le Pacte d’Avenir pour la Bretagne signé la semaine dernière par le Premier ministre.

« Mes chers collègues,

La Bretagne a vécu, ces derniers mois, une succession de difficultés économiques. Le Finistère, spécialement dans l’industrie agroalimentaire, volaille, porc, légume, saumon, a connu plusieurs centaines de licenciements. Au point que pour certains, le modèle agricole breton, serait condamné. Jugement rapide et contestable à mes yeux. Et tout d’abord, il serait sans doute difficile de donner une définition du « modèle breton ».

Notre région se caractérise par une agriculture diversifiée, présente partout sur l’espace régional, dont les productions alimentent une industrie agroalimentaire répartie également sur le territoire. En quelques décennies, l’agriculture a permis de porter la Bretagne en tête des régions agricoles, en France et même en Europe, dans plusieurs filières de production. Le développement agricole breton, initié dans les années 60, a beaucoup apporté à la Bretagne.

Il est vrai aussi qu’une partie de ces activités traverse une crise qu’il lui faut surmonter.

Le développement des économies des pays émergents, la mondialisation des échanges, les distorsions introduites par des différences dans les normes environnementales, sanitaires, sociales ou dans les fluctuations des monnaies, sont aujourd’hui des paramètres importants. Mais la demande mondiale de produits alimentaires de qualité, à la sécurité garantie, est en constante augmentation. Il y a, pour la Bretagne, des opportunités dans les produits laitiers et les productions animales, domaines dans lesquels elle possède un grand savoir-faire.

L’agriculture et l’agroalimentaire doivent rester des piliers de l’économie régionale, en recherchant encore plus des productions et des emplois de qualité, en s’appuyant sur la recherche et l’innovation technologique.

N’oublions pas que nous avons aussi d’autres atouts pour créer une économie plus diversifiée.
La mer, dans toutes ses composantes, pêche, aquaculture, algues, énergies marines renouvelables, industrie navale, activités nautiques.
Les nouvelles technologies, le numérique et les télécommunications.
Le tourisme, qui attend une modernisation nécessaire de l’accueil.
L’enseignement supérieur et la recherche.

C’est dans ce contexte qu’a été élaboré le Pacte d’avenir adopté la semaine dernière et signé en présence du Premier Ministre.

Le Conseil général a apporté sa contribution à l’élaboration de ce Pacte construit dans une large concertation qui mérite d’être saluée.

Sa préparation, comme son contenu, ont fait l’objet de nombreuses critiques, particulièrement injustifiées, tant sur le rythme des réunions que sur le montant des sommes engagées. La répétition de ces fausses affirmations ne les transforme pas pour autant en vérités !

La présence du Premier Ministre, les engagements pris à Rennes le 13 décembre pour de nouvelles avancées dans la décentralisation, donnent de la visibilité et de la confiance à la Bretagne et du sens à l’action collective qui se met en oeuvre avec ce Pacte.

Les annonces complémentaires faites par le Premier Ministre sont importantes : l’arrivée du siège d’IFREMER à Brest était souhaitée depuis de nombreuses années. Cette décision marque de façon plus que symbolique l’importance de Brest dans le domaine des sciences et technologies de la mer. La présence du siège d’un établissement national, reconnu sur le plan international, conforte les fonctions métropolitaines de Brest. De plus la présence d’un centre de décisions a toujours un effet significatif sur le tissu local.

Le Pacte est construit autour de trois piliers :

Des mesures immédiates pour répondre à l’urgence des bassins d’emplois en difficulté :

Mesures sociales pour les salariés, accompagnement des collectivités confrontées à la présence de friches industrielles à reconvertir ou à revitaliser.

Mesures de simplification de la réglementation et raccourcissement des délais d’instructions administratives, pour faciliter et accélérer la conduite des projets, sans porter préjudice au respect des objectifs économiques, sociaux ou environnementaux.

Mesures de soutien à la filière volaille pour lui permettre de s’adapter à la fin des restitutions de l’Union Européenne.

Le plan pour l’agriculture et l’agroalimentaire en Bretagne, dont nous avons accueilli une réunion de travail le 30 septembre à Quimper en présence du ministre de l’agroalimentaire Guillaume Garot. En particulier un programme important de modernisation des bâtiments d’élevage et des outils industriels est prévu. La mise en synergie et le renforcement des centres de recherche et de transfert de technologie dans le domaine de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire confortent les centres déjà présents sur Quimper et St Pol de Léon.

Le troisième volet identifie un ensemble de thèmes (la mer, l’économie industrielle, la recherche et l’enseignement supérieur, la culture et les langues régionales, l’accessibilité de la Région) pour lesquels il est possible soit d’initier, d’accélérer ou d’anticiper des dossiers dans le cadre du Contrat de projet en cours ou du futur Contrat de Plan. L’augmentation des moyens consacrés à la rénovation des logements et aux mises aux normes énergétiques apportera un volume significatif d’activités aux entreprises du bâtiment.

Le Pacte d’avenir n’est pas un produit fini. Il est un acte de confiance et une reconnaissance par l’Etat de la spécificité de la Bretagne. Il doit continuer à s’enrichir en particulier dans le cadre des phases de contractualisation à venir pour les Fonds européens, et le contrat de plan Etat-région.

Il trouvera un prolongement avec les textes en préparation : loi d’avenir pour l’agriculture et loi sur l’action publique.

Le Conseil général du Finistère est mobilisé pour la réussite de ce Pacte, c’est-à-dire pour la réussite de notre région : dans nos politiques de solidarité d’une part, auprès des personnes et des familles touchées par les défaillances d’entreprises, dans nos interventions en faveur du développement économique et de la recherche. »

>> Retrouvez l’intégralité du discours de Pierre Maille, président du Conseil général du Finistère,
en cliquant ici.