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Projet emblématique sur la Jeunesse – Intervention de Marie Gueye – séance plénière 31/01 & 01/02

Madame la Présidente, mes cher.e.s collègues,

Tandis que nous nous approchons de la fin de séance avec ce 49ème rapport, j’ai le plaisir de vous présenter le 1er des cinq projets emblématiques. Il concerne la jeunesse.

Nous avons souhaité, dans ce département, mener une politique volontariste en direction des jeunes dans une logique d’égalité des chances et d’investissement social. Je ne vous le cacherai pas, l’une des premières difficultés lorsque l’on est en charge de cette politique est de rassembler largement services et partenaires, de les amener à considérer la nécessité d’une approche spécifique et global qui colle au plus près de la réalité et des pratiques des jeunes.

Car oui, la jeunesse mérite une attention particulière. Etre jeune, c’est être face à des défis, celui de se projeter dans l’avenir, de décrocher un diplôme, une formation, de trouver un premier emploi, de convaincre, beaucoup convaincre pour être soutenu dans ses projets, pour une partie des jeunes de conjuguer les petits jobs, les stages et pour se faire : se déplacer, se loger… Petit rappel de chiffre, en 2014, on estimait le nombre de NEET (jeunes de 15 à 24 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation) à près de 1,9 million en France, dont 900 000 sans aucun diplôme. En moyenne, 140 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans diplôme (chiffres de Pôle Emploi).

Et oui, quand on va vers les jeunes, les jeunes savent nous dire ce dont ils ont besoin, avec leurs mots, avec leur regard, avec leur expérience, souvent sans attente mais toujours avec force de propositions.

Si cela est très progressif, nous pouvons nous féliciter je crois dans cette collectivité d’avoir largement entamé ce changement de posture qui consiste à donner la parole aux jeunes quand il s’agit de développer des actions qui les concernent.

En 2018, nous avons recensé méthodiquement l’ensemble des interventions départementales en direction des jeunes. Un travail fin a ainsi été réalisé autour du projet de création d’une plateforme numérique dédiée à l’emploi dans le cadre de l’organisation d’un lab’jeunes et donné lieu à de nombreuses propositions pour rendre lisible et attractive l’offre du territoire et faciliter le rapprochement entre un jeune et une entreprise. Je remercie les agents de la MACI et de la DIELD pour leur investissement tant pour la préparation de l’évènement que pour la tenue des 2 journées de Lab’jeunes en avril dernier.

Un travail important a également été réalisé et se poursuivra en 2019 autour du projet de Penn Ar Badges en lien avec le CRIJ qui propose des modalités de reconnaissance des compétences acquises ou développées dans un cadre informel (c’est-à-dire en dehors d’une formation, etc.) : par exemple, des  expériences, habiletés, qualités personnelles, savoirs-être, engagements associatifs, participations à des événements, compétences, etc.

Nous réitérerons encore cette année en lien avec la mission pauvreté la participation des jeunes à la construction de nos politiques en organisant un temps spécifique de réflexion pour caractériser les risques de précarité et pauvreté chez les jeunes et réfléchir avec eux aux meilleurs leviers pour les prévenir et bien entendu avec une attention particulière aux jeunes sortant de l’ASE. Une réflexion sera aussi engagée sur la garantie jeune.

Nous savons déjà l’importance de proposer aux jeunes finistériens des réponses pratiques, qui actionnent simultanément différents leviers de l’insertion, de l’emploi, du logement, de la mobilité, de la santé, mais aussi les loisirs, et la culture,…,tout en favorisant la complémentarité des services proposés. Nous y consacrons chaque année des moyens importants en appui avec de nombreux partenaires. S’il reste difficile de quantifier précisément l’effort financier du département en direction des jeunes car nombre de dispositifs ne leur sont pas réservés, nous l’estimons à près de 30 millions en fonctionnement. Derrière ce montant :

  • notre politique collège (16,7 M€) ; n
  • notre politique culturelle et sportive (2,133 M€) avec notamment le schéma des enseignements artistiques, le soutien aux sports scolaires, le soutien à l’enseignement du breton et pratiques en langue bretonne qui s’adresse essentiellement aux jeunes ;
  • notre politique de protection de l’enfance (1,855 M€) avec les contrats jeunes majeurs ou encore le réseau écoute jeunes ;
  • notre politique d’insertion (1,936 M€) avec le fonds d’aides aux jeunes, les missions locales ;
  • notre politique en direction des jeunes en situation de handicap (1,590 M€) au travers du dispositif Tremplin ou encore notre soutien à Handisup, Planète Loisir,
  • notre politique de recrutement au sein de la collectivité (1,100 M€) qui prévoit notamment une place avec près de 20 contrats d’avenir.

Ces moyens seront reconduits en 2019.

Enfin, et parce que le rôle de notre collectivité est avant tout de construire une vision partagée des politiques jeunesses à l’échelle départementale, notre collectivité initie et accueille depuis quelques années désormais des rencontres départementales jeunesse autour du réseau des coordonnateurs jeunesse soutenu par le département dans 11 EPCI et le SIVOM Cap Glazik , mais déployé plus largement dans 18 EPCI du territoire. Cet espace de coordination doit nous permettre collectivement de dépasser les logiques de politiques sectoriels -c’est là un premier grand défi-, mais également de repositionner nos interventions autour d’objectifs harmonisés avec l’appui méthodologique que nous apporte la chaire jeunesse de l’EHESP (l’Ecole des Hautes Etudes en Sante Publique), et l’expérimentation Jeunes en TTTrans (Transversalité, Transitions, Transformations) que nous soutenons sur Morlaix Communauté , et qui nous conforte dans cette logique et mission de coordination à échelle départementale.

Je vous remercie de votre attention.