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Séance plénière de juin 2014 : le discours de Didier Le Gac

Retrouvez ci-dessous le discours du président du groupe « Finistère à gauche, Finistère pour tous » lors de la Séance plénière du 19 juin 2014.

Le GAC Didier« Monsieur le président,
Mes cher-es collègues,

Je voudrais, pour débuter mon intervention, dire un mot sur le printemps électoral passé.

Ainsi, je félicite et salue d’emblée l’ensemble de nos collègues qui, en cette année d’élection municipales, se sont présentés devant les électeurs pour défendre leurs projets politiques, leurs idées et programmes  pour l’intérêt général de leur commune et pour leurs habitants.

Notre assemblée était déjà pourvue de nombreux maires et nous avons le plaisir d’en accueillir de nouveaux. A Michael, Nathalie, Raynald, Solange, Francis et Henriette, je souhaite bonne chance  pour mener à bien leurs projets. Je félicite bien évidemment aussi les maires qui ont été reconduits dans leurs fonctions et souhaite à tous un mandat plein de réussites.

Félicitations aussi à tous les candidats. Quelle qu’ai été l’issu du scrutin. Il n’est pas toujours simple dans ce climat de dénigrement quasi quotidien des élus et de la politique, de s’engager ainsi devant les citoyens.

Les assemblées intercommunales se sont mises en place également il y a quelques semaines. Je voudrais donc saluer aussi également les collègues qui y siègent. Les intercommunalités sont, indiscutablement, les collectivités de demain. Elles sont appelés à voir leurs compétences comme leur taille s’élargir. Il est donc important qu’elles soient représentatives de toutes les composantes politiques des territoires qui la composent pour permettre de construire un projet de territoire partagé et collectif.

Une réalité c’est aussi imposée à nous durant ce printemps électoral : l’abstention s’est à nouveau renforcée et nous avons assisté à une nette poussée du vote extrême en mars et surtout en mai dernier. Ce fut un choc. Un choc sans doute partagé par nous tous.
Impossible de balayer cela d’un revers de main. Car ce constat doit nous interpeller. Nous interroger sur notre engagement politique, nos façons de faire de la politique. Il nous questionne surtout : Comment ne pas perdre ce lien indispensable avec les citoyens, comment les intéresser davantage à nos projets collectifs ? Ce combat est à mener par nous tous, au-delà des clivages si l’on veut éviter de voir s’enraciner plus profondément encore un vote d’extrême droite qui reste, du moins je l’espère, un vote de dépit, d’alerte, plus que d’adhésion aux thèses défendues par le Front National. Un travail exigeant s’impose donc à nous.

Je souhaite aussi revenir, à la suite des propos du Président, sur la réforme territoriale aujourd’hui engagée. Comme lui, je la crois nécessaire et indispensable.

Cette réforme, ainsi engagée, repose sur un constat. Au fil des années et des lois, l’organisation territoriale de la France est devenue probablement  trop complexe, parfois même illisible pour les citoyens qui ne savent pas toujours à qui s’adresser ou vers qui se tourner. Il faut le reconnaître, l’action publique a perdu en clarté, entraînant une plus grande défiance parmi les Français.

S’attaquer au lourd chantier d’une réforme en profondeur de nos collectivités locales demande du courage. Notre gouvernement a l’audace de faire bouger les lignes, d’avancer malgré les freins, sur ce terrain parfois miné. Cette réforme va permettre une redéfinition globale des compétences de nos collectivités. La situation du pays l’exige sans doute. Chaque échelon devant participer à l’effort national de redressement des comptes publics. Il en va de l’avenir de notre pays.

Dans sa dernière intervention, le Président de la République en a réaffirmé les objectifs en trois points :

-Faire des Régions les leviers du redressement économique.

-Renforcer ensuite l’intercommunalité pour que l’armature territoriale repose à terme sur le couple région/ intercommunalité.

-Et redéfinir le rôle des Conseils généraux dans la perspective de leur suppression à l’horizon 2020.

Cette décision, et je reprends ses mots, car je ne suis pas sûr qu’ils aient toujours été bien entendus par tous, cette suppression des Conseils généraux donc « doit être mise en œuvre de façon progressive, car le Conseil général joue un rôle essentiel dans la solidarité de proximité et la gestion des prestations aux personnes les plus fragiles. Et il ne peut être question de remettre en cause ces politiques » a ajouté le Président.

En effet, le Département, nous le savons tous ici, est le garant des solidarités humaines et des solidarités territoriales. Nous le confirmons d’ailleurs une fois de plus aujourd’hui par notre soutien aux communes fortement touchées par les inondations et tempêtes de cet hiver. Cela démontre notre volonté d’être toujours solidaires de l’ensemble des collectivités finistériennes et toute l’importance des missions de proximité qui devront perdurer demain, même sous une autre forme.

Notre gouvernement a ainsi posé les axes principaux de la réforme en sachant que toute proposition, tout projet n’allait pas manquer de soulever les critiques.

Nous venons de les entendre de la part de nos collègues de l’Alliance. Elles sont classiques je dirais, l’opposition est dans son rôle, la séance plénière se prête bien à ce genre de discours politiciens. Nous aurions pourtant pu nous attendre à des propos enfin constructifs.

Notre groupe a lui préféré publier une tribune concernant cette réforme majeure pour notre pays.

Elle rejoint la seule feuille de route donnée par le Président de la République et s’appuie sur un objectif fort, collectif et partagé par tous : garantir le service public.

Ainsi, je voudrais ici rappeler  les principes de notre texte.

Oui, notre pays a besoin d’une clarification et d’une simplification de notre organisation territoriale, à la hauteur des enjeux et des attentes de nos concitoyens qui nous demandent des actes forts. Car c’est la condition indispensable -je le répète- pour rapprocher nos concitoyens de l’action publique et pour lutter contre cette abstention qui ne cesse de grandir.

Oui, aux intercommunalités renforcées autour de bassins de vie qui doivent devenir à termes la structure de mise en œuvre des politiques de proximité et d’efficacité de l’action locale. Et cela sans supprimer la cellule communale, la porte d’entrée de toutes les politiques, qui doit demeurer « une petite République dans la grande » comme l’a si bien rappelé François Hollande. L’élection des conseillers communautaires au suffrage universel direct est elle aussi annoncée. Ce sera une étape décisive pour enfin donner sa pleine légitimité démocratique à cette collectivité d’avenir.

Oui aussi à des Régions aux compétences et moyens d’actions élargies pour leur permettre d’entrer vraiment dans la bataille contre le chômage en leur donnant enfin des moyens financiers propres et dynamiques nécessaires à la construction de véritables stratégies économiques territoriales.

Tout cela est plus que cohérent : c’est une réorganisation indispensable, un pas important dans la modernisation de notre pays.

Oui enfin à la suppression annoncée du Conseil général. Celle-ci cependant, et c’est certain, pose de nombreuses questions qui restent à travailler. Qui fait quoi ? Comment assurer au mieux la transition de nos compétences vers la région et les intercommunalités ? Comment maintenir la solidarité entre les territoires ruraux et urbains ? Quels mécanismes de péréquation mettre en place demain ?

Certaines de ces questions sont difficiles et délicates. C’est le cas dans le domaine social, dans celui de la protection de l’enfance ou de l’accompagnement des personnes en situation de handicap, qui nécessitent écoute et souvent déplacement au domicile des personnes. Quelles solutions innover avec le gouvernement et nos parlementaires pour remplir les missions attendues par les citoyens et assurer l’égalité de traitement entre tous ?

C’est un véritable challenge qui nous attend ! À nous de l’aborder avec énergie et d’avancer pour mener à bien cette réforme. Pour faire qu’en Finistère, comme ailleurs, les politiques publiques, le dialogue entre collectivités, le travail des agents puissent continuer dans de bonnes conditions. Sans altérer, et c’est primordial, la qualité du service public rendu aux habitants, à tous les Finistériens.

Notre action dans le Finistère démontre que nous sommes prêts à entamer ce large travail et que nous ne craignons pas les nécessaires évolutions.

Depuis de nombreuses années, nous innovons pour maintenir le service public dans un contexte budgétaire plus que difficile.

Nous développons depuis longtemps déjà les contrats de territoire qui s’attachent à définir des projets cohérents à l’échelle des EPCI. Désormais, nous allons même articuler nos contrats de territoire avec les contrats de pays proposés par le Conseil régional de Bretagne pour porter une stratégie adaptée à chacun des territoires qui composent notre département.

Nous sommes donc prêts, aujourd’hui, à relever ce défi, pour engager cette réforme d’ampleur. Nous avons encore quelques années devant nous. 6 années, cela peu paraître court, nous en sommes conscients, face à l’ampleur de la tâche qui nous attend. A notre gouvernement disons alors « banco »,  travaillons alors ensemble ! Appuyez-vous sur nous, conseillers généraux, sur notre expérience et notre expertise d’élus locaux pour réussir cette réforme ambitieuse.

Je suis persuadé, dans tous les cas, que nous devons nous atteler à la tâche rapidement et prendre notre légitime place aux côtés du gouvernement pour faire entendre notre voix et qu’elle soit constructive ! Le gouvernement nous laisse six ans pour mener à bien cette réforme. Je formule le vœu, avec mes collègues, qu’une large initiative soit laissée alors aux élus locaux pour assurer et organiser cette transition.

Enfin, et c’est un autre aspect de la réforme, je voudrais souligner que l’année prochaine, en décembre 2015, à l’issue des élections départementales, et grâce au nouveau mode de scrutin, notre assemblée, comme dans tous les départements de France, sera enfin totalement paritaire. Nous savons combien ce combat a été au cœur de nos luttes. La nouvelle assemblée découlera aussi de nouveaux cantons plus rationnels et plus représentatifs car définis sur les limites de nos intercommunalités et  garantissant mieux les équilibres démographiques et donc l’égalité démocratique.

Les nouveaux élus de 2015 devront donc être prêts.

Prêts à s’engager au maximum pour dépasser l’ensemble des difficultés qui ne manqueront pas de voir le jour et permettre ainsi la réussite de cette réforme, dans le sens de l’intérêt général et pour le bien des habitants.

Et bien, Mesdames et messieurs, nous  serons prêts ! Car il est de notre responsabilité de réussir cette réforme !

Nous le devons à nos concitoyens !

Merci de votre attention. »

Didier LE GAC,
Président du groupe de la majorité départementale
« Finistère à gauche, Finistère pour tous »

Seul le prononcé fait foi.