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Séance plénière d’octobre 2015 : le discours d’Armelle Huruguen

Armelle Huruguen

Armelle Huruguen

Retrouvez ci-dessous le discours de la présidente du groupe « Finistère et Solidaires » lors de l’ouverture de la Séance plénière du 22 octobre 2015.

« Madame la Présidente, Chers collègues,

A cet instant de notre séance plénière, il me revient de prendre la parole en tant que Présidente du groupe « Finistère et Solidaires ».

Je tiens au nom de chaque membre de notre groupe, madame la Présidente, à vous remercier pour votre discours sur l’avenir, notre avenir, celui du Finistère.

Il est vrai qu’après les propos entendus dans la bouche du conseiller départemental porte-parole d’un candidat tête de liste aux régionales, l’avenir qu’il nous propose est un modèle de société dont nous ne voulons pas.

Mais il faut le souligner, la communication politique est un exercice pour lequel, madame la Présidente, notre collègue a un talent certain !

Un grand élu de ce département, s’essayant sans doute à la communication, rappelle que composer une liste aux régionales est aussi compliqué que de faire rentrer le dentifrice dans le tube d’où il vient de sortir. Comme vous, ma connaissance du dentifrice se joue entre goûts et couleurs, la seule chose que je sais, c’est qu’il vaut mieux ne pas l’étaler !

Plus sérieusement, nous n’avons pas de leçon de théorie à recevoir de quelqu’un qui nous dit comment prendre des décisions depuis les médias nationaux et locaux.

Bien plus occupé à cela d’ailleurs qu’à assumer sa fonction de conseiller départemental puisque, madame la Présidente, se retirant d’instances où il avait pourtant revendiqué de siéger avec insistance il y a quelques mois.

Ce qui nous importe ce n’est pas qu’on nous dise comment faire, ce qui nous importe c’est faire, agir ! Tous les jours aux côtés des femmes et des hommes qui font le Finistère. Sur le terrain, à leur rencontre, à leur écoute. Et pas seulement quelques semaines avant des rendez-vous électoraux. Les belles théories, c’est bien, la pratique, c’est mieux !

Pour notre part, nous aspirons, en toute lucidité et sans nier les difficultés, à prendre en compte ce qui fait notre force, ces dynamiques et ces énergies existantes sur les différents territoires du département. Celles qui mettent en lumière des femmes et des hommes profondément engagés.

Qu’est qui compte le plus ? Les postures politiciennes ou le travail quotidien d’écoute et de dialogue permanent avec les maires, présidents de communautés de communes et leurs équipes, tout comme avec l’ensemble des acteurs de ce département ? Être sous les lumières est visiblement source d’éblouissement pour certains.

Je viens d’effectuer avec Didier LE GAC un tour du Finistère de plusieurs semaines, de Riec sur Belon à Morlaix, de Plozevet à Carhaix, de Lanrivoaré à Riec sur Belon en passant par Quimper à la rencontre de plus de 150 élus. Bon nombre d’entre nous, conseillères et conseillers départementaux étaient présents. Il s’agissait de dresser le bilan ce qui a été réalisé depuis 3 ans et recueillir les priorités pour les années qui viennent sur le schéma des infrastructures de déplacement qui concerne les aménagements routiers, l’intermodalité et les circulations cyclables.

Je reviens de ces multiples rencontres avec la conviction profonde que notre département est une véritable ruche qui s’active pour tracer des chemins pour l’avenir.

Décrire un département moribond ne sert personne et surtout pas les Finistériennes et les Finistériens ! C’est d’ailleurs aussi très peu respectueux des actions entreprises sur les territoires. Mais c’est surtout donner, madame la Présidente, chers collègues, une image déplorable d’un Finistère qui mérite beaucoup mieux. Prenons garde, qu’à force de mal porter la parole politique, cela ne renforce encore un peu plus l’attention que les citoyens peuvent y prêter.

Les remarques de nos collègues sur les solidarités territoriales appellent quelques mots de ma part.

Garantir les solidarités territoriales, confiées par la loi NOTRe aux départements, ne souffre pas d’effets de manche permanents ou de petites phrases à l’emporte-pièce. Dans la période de mutations profondes que nous vivons, nos concitoyens attendent que nous apportions des réponses à des sujets complexes. Ce qui compte, c’est d’affronter ensemble tous les problèmes.

Le Président de la République a annoncé lundi 14 septembre, à l’issue d’un comité interministériel aux ruralités, que la moitié du fonds d’un milliard d’euros débloqué en faveur des collectivités locales serait attribuée aux zones rurales. 21 mesures complètent cette annonce. La moitié destinée aux territoires ruraux sera fléchée sur le soutien aux projets portés par les petites communes via la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR) qui sera maintenue en 2016. Ces fonds seront gérés par les préfets au plus près des besoins, en liaison avec les associations d’élus afin que les investissements puissent être engagés dès le début de l’année 2016.

Le dispositif des zones de revitalisation rurale va être revu, pour une mise en œuvre début 2016. Ce nouveau zonage devrait aboutir à ce que toutes les communes d’une même intercommunalité éligible soient classées en ZRR, afin d’éviter les effets de concurrence au sein d’une même intercommunalité. Le zonage sera aligné sur la durée des mandats municipaux.

En ce qui concerne les normes, le comité interministériel programme également un nouveau train de mesures de simplification des normes qui concernera :
– la gestion des bâtiments publics et l’urbanisme (notamment les petits ERP)
– des dispositions liés à l’organisation des manifestations sportives
– la simplification du fonctionnement des collectivités locales.

Par ailleurs, je veux aussi dire un mot de la mise en œuvre du Schéma départemental d’amélioration de l’accessibilité des services aux publics copiloté par le Préfet et la Présidente du Conseil départemental.

Les actions qui découleront de ce schéma seront des réponses à ce qui préoccupent beaucoup de Finistériens sur l’accès de la population à des services. Cette accessibilité des services s’apprécie par des critères variés : temps d’accès, temps d’attente, coût des services, qualité du service rendu, adaptation des horaires d’ouverture, etc…

La démarche permettra de prendre en compte les constats et les attendus des élus locaux, des associations, des conseils de développement des Pays, des représentants des usagers comme de tous les acteurs qui souhaitent s’y joindre… Les Finistériennes et les finistériens seront associés lors de réunions participatives et par des enquêtes.

Voilà comment, au travers de seulement deux exemples, illustrer les volontés d’agir pour apporter des réponses.

Je dis souvent que le Finistère se mérite, notamment bien sûr par son caractère périphérique, mais surtout par l’exigence du rapport de ses habitants à la parole publique : il suffit « juste » d’en être à la hauteur en quelque sorte.

A entendre ce que je viens d’entendre, madame la Présidente, je ne suis pas sûre que ce soit une ambition partagée ! »

Seul le prononcé fait foi.

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