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Séance plénière du 16 décembre 2015 : le discours de Nathalie Sarrabezolles

Les conseillers départementaux sont réunis ce mercredi 16 décembre 2015 pour échanger sur la loi portant Nouvelle Organisation Territoriale de la République (loi NOTre) et les conséquences de sa mise en oeuvre  pour le Département, et pour donner un avis sur le Schéma départemental de coopération intercommunale. Lors de l’ouverture de cette séance, une minute de silence a été observée en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.

Retrouvez ci-dessous le discours introductif de la présidente du Conseil départemental, Nathalie Sarrabezolles.

 

nathalie-sarrabezolles-72« Mes chers collègues,

Il y a un mois seulement, il y a un mois déjà, une vague d’attentats venait durement toucher notre pays, ciblant volontairement la jeunesse, la musique, la joie de vivre et la liberté, un mode de vie qui caractérise notre société.

Nous ne nous sommes pas retrouvés en cette configuration, tous élu-e-s réunis, depuis le mois d’octobre, aussi je vous propose d’observer, ensemble, une minute de silence en mémoire des 130 personnes mortes lors de ces journées dramatiques et en marque de soutien aux centaines de blessé-e-s dont certains se trouvent encore en soin, ainsi qu’aux familles si durement touchées.

En ce lendemain d’élections régionales, les résultats du scrutin, dans l’ensemble des régions françaises, nous alertent encore une fois sur les interrogations et les doutes des citoyennes et des citoyens de notre pays. Ils ont marqué leur refus net d’une certaine idée de la France, mais attendent de leurs élu-e-s des réponses et des propositions, une vision de notre avenir collectif. Face à cette montée de l’extrême droite, continue depuis les années 80, certainement aucun mouvement politique n’est exempt de responsabilité. Il n’est pas efficace, à mon sens, de se contenter de laisser le large camp des républicains et des démocrates simplement se déchirer et s’accuser. Nous sommes en mesure, j’en suis persuadée, si nous le décidons, de convaincre électrices et électeurs de reprendre le chemin des urnes ou, pour d’autres, de reconsidérer ce qui n’est pour la plupart certainement pas un vote d’adhésion, mais plutôt l’expression d’une angoisse, d’une détresse. L’histoire nous le montre, il n’y a qu’en période de trouble et de crise, lorsque le sentiment d’injustice et d’inégalité s’installe, que les partis d’exclusion, de haine et de repli prospèrent.

Des villes, des régions, des départements, s’ils ne sont pas épargnés, résistent mieux que d’autres à ces poussées mortifères. Ainsi, des exemples existent, qui peuvent aiguiller notre réflexion. Parmi ceux-ci : la Bretagne et, en Bretagne, le Finistère. Observons-les et tirons-en la substantifique moelle de la vitalité démocratique et républicaine.

Nous sommes aujourd’hui réunis en séance car j’avais souhaité que nous puissions évoquer ensemble les évolutions à venir de notre collectivité. Nous vivons en effet, depuis notre installation en avril dernier, une période politique particulière pour notre institution. Les différentes lois de la réforme territoriale nous amènent à nous pencher peut-être plus que jamais sur les politiques que nous menons, sur leurs effets, sur nos partenariats et nos coopérations. En cette période de défis à relever, en cette période charnière, saisissons-nous des opportunités qui s’offrent à nous pour faire de la politique autrement, pour proposer de nouvelles formes démocratiques, pour revenir auprès des femmes et des hommes de ce département, en proximité, pour les écouter.

Cette séance marque le début d’une démarche de construction du projet départemental, à laquelle sont associés les elu-e-s et dont je vous décris les principales étapes :

16 décembre : séance consacrée à la réforme territoriale
17 décembre : débat d’orientation budgétaire
17 et 18 décembre : rencontres citoyennes sur les orientations du département
12 janvier : réunion avec les maires et les présidents d’EPCI pour une matinée d’échanges
28 et 29 janvier : vote du budget, qui sera nécessairement un budget de transition
en février et mars : consultation citoyenne
23 juin : adoption du projet départemental

En parallèle, bien entendu, les agents de la collectivité sont mobilisés, au cœur de la démarche. Le forum des cadres, lundi dernier, en a été un premier jalon et c’est bien l’ensemble des personnels qui sera sollicité pour contribuer à l’écriture du projet.

Je souhaite que cette séance soit l’occasion de débattre sereinement des orientations et des coopérations que nous pourrions proposer dans la perspective de ce projet départemental à écrire.

Ni le changement, ni la peur ne doivent paralyser notre action. Nous avons encore beaucoup à partager, beaucoup à construire. Nous avons été élu-e-s pour mettre en œuvre nos propositions pour un Finistère vivant et créatif, attractif et solidaire. A présent, agissons ! »

 

Seul le prononcé fait foi.