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Revenu de base – Contributions du Groupe Finistère & Solidaires

La hausse de la précarité est une réalité depuis plusieurs mois voire années en France et dans le Finistère. La crise sanitaire accompagnée de crises sociales et économiques qui tourmente nos quotidiens depuis près d’un an déjà accentue voire accélère les basculements dans la pauvreté, la précarité et la misère.

De nombreux foyers ou de personnes isolées – de tous âges – doivent avoir recours à l’aide alimentaire depuis quelques semaines pour la 1ère fois de leur vie. Le bouleversement économique qui touche de nombreux secteurs entraine également des pertes d’emploi ou une absence totale d’activité pour les indépendants, intermittents ou intérimaires.

Les jeunes – notamment étudiants – sont également durement touchés. En plus de leur cursus universitaire, ils sont nombreux à compléter leurs sources de revenu par une petite activité professionnelle. La crise économique a interrompu brutalement ces activités et par conséquence cette source de revenu auprès des étudiants. D’être contraint de travailler pour étudier sereinement n’est pas satisfaisant et l’accès aux études ne doit pas exclusivement réservé à celles et ceux qui peuvent se passer de ce complément de revenu.

Le basculement d’une grande partie de la jeunesse dans la précarité doit être une préoccupation de l’ensemble des acteurs publics. Les débats autour d’un RSA accessible dès 18 ans ou encore d’un revenu de base pour les jeunes doivent être ouverts et nous y prendrons part pour accompagner la jeunesse. Les jeunes sont actifs et volontaires, notamment durant cette période de crise sanitaire, économique et sociale.

Marie GUEYE – Vice-présidente du Conseil départemental du Finistère en charge de la Jeunesse, déléguée à l’Insertion

 

Ces crises révèlent donc l’urgente nécessité de trouver des solutions structurelles à la question de la précarité et de l’insertion. L’ensemble des acteurs publics doit être particulièrement vigilant à ces déchirements des parcours de vie qui peuvent être très soudains à se déclencher et mettre hélas de nombreuses années à être pansés.

Le recours aux aides individuelles de solidarité n’est hélas pas automatique et nombre de personne qui peuvent bénéficier du Revenu de Solidarité Active (RSA) n’en font pas la demande.

La forte croissance du nombre d’allocataires du RSA en Finistère – près de 20 000 personnes aujourd’hui – démontre le besoin urgent de réelles réponses de la part d’un Etat qui définit seul les critères de cette allocation nationale dite de solidarité. L’Etat doit donc tout d’abord assumer financièrement le coût de cette dernière et ne pas laisser plus de 50% de cette charge aux Départements. Les fonds du Conseil départemental doivent être en priorité consacrés à l’accompagnement social et professionnel des personnes en parcours d’insertion. En parallèle de cette hausse, le non-recours à des aides individuelles de solidarité reste une réalité.

Michaël QUERNEZ – 1er vice-président du Conseil Départemental du Finistère, président de la commission « Insertion, Emploi, Développement, Attractivité »

 

Les Départements – notamment les Départements politiquement dirigés par des majorités de gauche – ont déjà alerté sur la nécessité d’expérimenter diverses solutions.

Parmi elle, 20 président.e.s de Département – dont Nathalie Sarrabezolles, présidente du Conseil Départemental du Finistère – ont relancé en 2020 un projet qu’ils.elles avaient déjà lancé auparavant pour expérimenter un revenu de base financé par l’Etat et les Départements. Avec 3 principes fondateurs : l’inconditionnalité associée à l’automatisation du dispositif pour lutter contre le non-recours, l’ouverture aux jeunes de moins de 25 ans, la dégressivité du revenu en fonction des revenus d’activité. Cette proposition est défendue comme une solution solidaire, de lutte contre la pauvreté qui ne s’entend pas comme un assistanat mais comme un changement de référentiel pour les solidarités humaine afin de sécuriser l’existence et donner les outils de l’autonomie.

Ce jeudi 18 Février, à l’initiative des député.e.s du groupe “Socialistes et apparentés”, une proposition de loi va être débattue à l’Assemblée Nationale. Portée par Boris Vallaud, député des Landes et Hervé Saulignac, député de l’Ardèche, la proposition d’Aide Individuelle à l’Émancipation (Solidaire) – AILE(S) –  se basant notamment sur le projet d’expérimentation par les Départements vise à garantir dès 18 ans un revenu de base inconditionnel et une dotation universelle.

Les parcours de vie des individus sont tous singuliers de la naissance au grand âge. Les « accidents de la vie » peuvent arriver et il est indispensable que chacun.e puisse avoir la garantie qu’un filet de protection sociale le maintient dans la société. Ce n’est pas une question d’égalité des chances mais la nécessité d’assurer une égalité des droits tout au long de nos vies. Nos luttes communes pour réduire les inégalités devront passer par l’acquisition de nouveaux droits pour tous. C’est une évidence pour les hommes et femmes de gauche que nous sommes, tant cela correspond à nos valeurs humanistes.

Armelle HURUGUEN – Vice-présidente du Conseil Départemental du Finistère, présidente de la commission « Territoires et Environnement », co-présidente du groupe de la majorité « Finistère et Solidaires »

 

Les élus du groupe de gauche “Finistère et Solidaires” soutiennent cette proposition qui permettrait – si elle est adoptée par l’Assemblée Nationale – d’apporter un filet de protection sociale supplémentaire luttant contre le non-recours et le basculement dans la précarité. Le contexte social de ces derniers mois légitime d’autant plus la tenue d’un tel débat et l’ouverture d’expérimentation dans les territoires volontaires.

La majorité de gauche du Département du Finistère prend toute sa part dans la mobilisation auprès des députés socialistes pour leur proposition de loi Aile(s) : Aide Individuelle à l’Émancipation (Solidaire).  La complémentarité d’un revenu de base inconditionnel et d’une dotation universelle est plus qu’une « belle proposition » de la gauche : c’est une évidence. L’évaluation du « coût de la pauvreté » démontre bien souvent qu’il est plus élevé que des politiques publiques de lutte contre la pauvreté dès lors qu’on y intègre les coûts sociaux et de santé publique. Cette proposition est donc une évidence sociale et économique.

Kévin FAURE – Conseiller départemental du Finistère, délégué au Numérique, co-président du groupe de la majorité « Finistère et Solidaires »

 

Les collectivités locales, notamment les conseils départementaux – chefs de file des politiques de solidarités, ont été pleinement mobilisées durant cette crise sanitaire et les bilans portés depuis 2015 démontre leur plein et entier engagement auprès des publics qui nécessitent un accompagnement et dans la lutte contre les inégalités.  Des réponses politiques et profondément structurelles doivent être apportées aux problématiques majeures que traverse notre pays. Les élus départementaux “Finistère et Solidaires”, œuvrant en responsabilité en Finistère, soutiennent pleinement la démarche de nos collègues députés de gauche et poursuivent leur action pour que le Département du Finistère continue d’être un territoire où l’égalité et la justice sociale prennent tout leur sens.

 

Les élu.e.s du groupe majoritaire de gauche “Finistère et Solidaires”