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Un Finistère connecté et ouvert – Intervention d’Anne Maréchal – Séance plénière 31/01 et 01/02

Madame la Présidente, mes chèr.e.s collègues,

Les rapports 34 et 35 qu’il m’est offert de vous présenter aujourd’hui portent sur la politique culturelle départementale, une politique ambitieuse que je suis très fière de porter pour tous les finistériens, pour le Finistériens, son histoire.

Il existe depuis désormais près de 20 ans un fort investissement de notre collectivité dans l’action culturelle et patrimoniale à travers une politique volontariste qui s’appuie sur un patrimoine significatif qu’il nous faut protéger et transmettre, et un secteur associatif présent qu’il faut accompagner.

Le Conseil départemental y consacre chaque année un budget de 20 millions dans le domaine des arts vivants et visuels, de la lecture, de la mémoire, du patrimoine en posant au cœur de son action l’accès à la culture pour tous et le soutien à la création. Alors que beaucoup de collectivités ont choisi de faire de la culture un levier d’ajustement budgétaire. Ce n’est pas notre choix :

Car nous en sommes convaincus, les politiques culturelles permettent la création de liens entre les individus, invitant chacun à la rencontre de l’autre et à sa propre découverte, atténuant les obstacles économiques, sociaux  le temps d’un épisode culturel.

Je vous invite chaleureusement à visionner les vidéos issues de l’appel à projet « culture solidaire » pour entendre les témoignages des personnes engagées dans ces projets. Projet qui correspond au constat de Monsieur Jean-Luc Darguesse, présent dans notre assemblée hier : « la culture EST vecteur d’insertion »

Ces mêmes politiques disent aussi ce que nous sommes  puisqu’elles s’expriment à partir de caractéristiques locales, d’une histoire, d’un territoire et de ses habitants. Ces politiques et les actions qui en découlent, traduisent une fierté territoriale qui rayonne, pour devenir une force territoriale. Rappelons les propos de Loig Chesnais-Girard, qui a choisi un événement culturel pour  illustrer  le développement de territoire, la force et l’ambition d’une population.

Mais si le budget culturel départemental ne fait jamais l’unanimité, (perçue comme futile par certains, mais dans futile il y a utile) chacun d’entre nous perçoit, lorsqu’il est sur son territoire, pourtant, clairement les enjeux du soutien aux actions culturelles ou aux projets de conservation du patrimoine dès lors qu’on y saisit le sens, parce qu’ils racontent le territoire, qu’ils témoignent de pratiques et d’engagements …

Plus de 2 millions sont ainsi investis chaque année au côté des territoires pour la valorisation des patrimoines finistériens (Aux contrats de territoires : près de 2 400 000 € sont prévus en 2019) sans compter les aides  au côté de l’Etat pour la valorisation du patrimoine protégé.

Enfin, il va sans dire que ces politiques participent activement au développement économique des territoires, et puisque c’est un argument parfois plus audible que celui de l’émancipation, je rappelle qu’en 2017, la culture a contribué 7 fois plus au PIB français que l’industrie automobile avec 57,8 milliards d’euros de valeur ajoutée par an ; la culture est créatrice d’emplois direct. A titre d’illustration locale, cette année encore, Noel à Trevarez c’est 55 000 passages en billetterie. Evènement devenu donc très populaire.

Tandis que les collectivités territoriales sont progressivement devenues les principaux financeurs de la politique culturelle publique, elles se sont longtemps cantonnées à une politique de l’offre culturelle sans considérer la nécessité de hâter des articulations entre culture et lien social. De fait, la politique culturelle que nous menons ici porte l’ADN des départements : la solidarité. L’ensemble de nos actions en direction des personnes, en direction des territoires, sont pensées en ces termes d’accès à la culture et aux pratiques culturelles. Dans le nouveau schéma des enseignements artistiques nous avons fait le choix de continuer d’accompagner, par une aide au fonctionnement les territoires cumulant le plus de difficultés, alors que l’accompagnement du département se fera par des aides au projet.

De plus,  ce nouveau schéma des enseignements artistiques et de la pratique amateur proposé au vote aujourd’hui, met l’accent, suite à l’évaluation présentée ici en juin 2018, sur la démocratisation des publics.

Le présent schéma réaffirme en effet que la diversification sociologique des élèves reste un objectif prioritaire : chacune a le droit d’accès à cet enseignement, quelle que soit son individualité sociale, culturelle ou économique. Même si les inégalités d’accès aux arts et aux pratiques artistiques ne sont pas imputables aux seules réalités ou volontés locales, il n’en demeure pas moins que l’ensemble des acteurs concernés peut tenir un rôle dans cette lutte contre le poids des déterminismes sociaux dans les parcours artistiques et culturels. Il s’agit bien de rendre possible la rencontre entre une pratique artistique et toute personne désireuse d’apprendre.

Nous nous devons de tout mettre en œuvre pour contourner ce  « ce n’est pas pour moi ». Cela suppose d’innover, de mener des actions en dehors des institutions culturelles, d’aller vers les publics pour faire naitre des pratiques.

Nouveauté de ce schéma, les musiques et danses traditionnelles sont intégrées dans le périmètre des enseignements et pratiques artistiques. Lieux d’expérimentation, de professionnalisation, les Bagadou et cercles voient émerger régulièrement des artistes et sont des lieux opérants de démocratisation des enseignements artistiques.
Pour conclure, beaucoup de nos concitoyens se sentent abandonnés et l’expriment, nous devons écouter

Ce sentiment d’abandon est, pour moi  l’expression d’une rupture, qu’elle soit sociale, géographique, politique mais aussi culturelle.

Associons nous pour ne plus entendre ce « ce n’est pas pour moi »

Participer à un projet culturel, à un évènement culturel quel qu’il soit favorise les liens des citoyens entre eux, avec leur territoire. Ce vivre ensemble permet à chacun de trouver sa place dans la société.

On ne le dira jamais assez …Survivre c’est manger, dormir, accès à la santé aux droits et Vivre c’est l’accès à la vie sociale comme les loisirs, le sport et aussi la culture.

Merci pour votre attention.