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Un Finistère connecté et ouvert – Intervention de Jean-Marc Tanguy sur la politique sportive du conseil départemental – Séance plénière des 1er et 2 février

Madame La Présidente, chers collègues,
Ce rapport permet de faire un point d’étape sur les avancées de la politique sportive dans le département et de lancer les chantiers à venir pour 2018.
Je rappelle juste quelques chiffres clés du sport en Finistère. 231 616 licenciés, soit plus de 25% de la population finistérienne qui pratique une activité sportive encadrée  et qui font du Finistère le 9ème département de France en nombre de pratiquants par habitant.
Depuis 2015, nous avons engagé une large concertation avec l’ensemble des acteurs sportifs du Finistère pour travailler notamment sur des outils concrets permettant de remplir les objectifs du projet départemental, à savoir, travailler vers les publics qui se pensent éloignés de la pratique sportive afin de promouvoir le sport solidaire pour tous et en affirmant que tout le monde a le droit au sport.
Ainsi, nous avons commencé en 2017 à décliner un certain nombre de propositions émanant de cette large concertation, et nous allons le poursuivre en 2018. J’en cite juste quelques-unes, qui viennent bien sur compléter les politiques ordinaires du département, trop nombreuses pour que je puisse les développer ici. Tout ce que je vais citer maintenant sont les nouvelles orientations mais ne sont aucunement contradictoire avec ce qui se fait couramment. Nous n’opposons pas les pratiques les unes aux autres, mais nous voulons donner les moyens aux clubs qui le souhaitent d’aller plus loin vers les publics éloignés de la pratique sportive. Il s’agit d’inciter et pas de contraindre. Et cette incitation se fait donc avec l’aide du département pour les clubs. Et les clubs et différents porteurs de projets, de plus en plus nombreux à travailler avec nous se félicitent de l’accompagnent du département.
Sur 2017 :
– Pour les manifestations sportives, la mise en place de critères permettant un bonus aux porteurs de projets qui proposent des actions vers les publics en situation de handicap, celles et ceux éloignés pour différentes raisons de la vie économique et sociale, les jeunes, la promotion du sport féminin, et la prise en compte écologique dans la pratique sportive. Nous dérogeons particulièrement vers le haut aux manifestations sportives portées par le mouvement handisport et du sport adapté.

– Un appel à projet qui a permis à 6 clubs de notre département qui y ont répondu d’accueillir 70 allocataires du RSA, bien entendu sur la base du volontariat afin de permettre aux allocataires concernés de s’intégrer dans les clubs, dans une optique de remobilisation par le sport. Les retours des clubs et des allocataires sont à cet égard très positifs et encourageants aussi bien pour les personnes concernées que pour les clubs.

– Un rapprochement avec l’Université de Bretagne Occidentale permettant de réunir de nombreux travailleurs sociaux du CD et des associations partenaires afin de réfléchir ensemble à la façon dont le sport peut être un outil éminemment pertinent des politiques inclusives. Le partenariat avec l’UBO se poursuivra car la politique sportive n’est pas qu’une accumulation de dispositifs, mais doit aussi se nourrir de la recherche et l’innovation, ce que permet l’UBO.
Pour les perspectives 2018, toujours en lien avec les propositions de la concertation que j’évoquais tout à l’heure, nous allons travailler sur les axes suivants :
Dans le cadre du projet emblématique du projet départementale sur l’égalité femmes hommes, et en lien avec ma collègue Elyane Pallier qui porte cette politique, nous allons proposer de nombreux outils pour permettre aux finistériennes un meilleur accès aux politiques sportives. Et notamment chez les jeunes, car quelques chiffres assez alarmistes : Selon la fédération Française de cardiologie, en 40 ans, les collégiens ont perdu 25 % de leurs capacités physiques. 40 à 60 % d’enfants ne pratique pas d’activité physique autre que celles obligatoires du cadre scolaire
A 11 ans, 65 % des élèves sont inscrits dans une activité sportive. A 18 ans, ils ne sont plus que 42 %. On voit donc l’importance que notre action doit revêtir au moment des années collèges. Et le décrochage que j’évoquais à l’instant est particulièrement marqué chez les filles, et dans les milieux populaires.
Alors que nous savons qu’une habitude d’activité physique au plus jeune âge permettra d’accroître les chances de la conserver ensuite.
Nous allons également élargir les appels à projets entamés en 2017 en augmentant leur financement et en les ouvrant à l’ensemble des publics qui fréquente nos Centres Départementaux d’Action Sociale.
Nous allons aussi augmenter et dès la prochaine commission permanente les moyens octroyés à l’aide à l’emploi au mouvement handisport et particulièrement au sport adapté qui est en train d’accroître son activité, y compris pour des personnes en situation de handicap isolées. Nous soutiendrons activement ce développement.
Enfin, le projet SANA qui est inscrit dans le rapport et que j’ai déjà évoqué avec d’autres collègues dans cette enceinte. Projet Européen Erasmus plus qui consiste à répondre au besoin de l’amélioration du sport de pleine nature pour les personnes en situation de handicap. Différentes actions concrètes et divers financements permettront des actions concrètes, y compris dans le cadre d’un partage fort avec nos partenaires portugais et espagnols. Appel à projets gagné par le département, seul 5 projets en France sur 385 déposés.. Tissu associatif fort, et qualité du travail de nos agents.
L’ensemble de ces actions est rendue possible grâce au travail constant des agents de la direction du service des sports du département, petit en nombre, mais avec un engagement fort et passionné. Je salue également le remarquable partenariat avec le Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS) qui représente avec énergie et cohérence les clubs du département.
Un point d’inquiétude cependant pour conclure. Selon les chiffres du Ministère des sports, Les collectivités territoriales assurent désormais 70% du financement public du sport : 10 milliards € pour les communes, 700 millions pour les départements et 700 millions pour les régions.

Du point de vue économique, le sport représente environ 37 milliards d’euros en France, soit près de 2 % du produit intérieur brut (PIB). Un chiffre qui comprend à la fois les biens liés au sport, la gestion des infrastructures sportives et les services associés, comme les sponsors ou la billetterie.
Le sport est le loisir préféré des Français. Plus d’une personne sur quatre le classe en tête de ses passe-temps favoris, devant la lecture, la télévision ou encore la musique. En France, c’est 175 000 clubs qui organisent la pratique.
Dans nos écoles, collèges et lycées, c’est 12 millions d’élèves qui pratiquent l’EPS.
Et pourtant…

Le gouvernement vient de décider que l’enveloppe CNDS, à savoir la présence de l’état dans nos territoires en matière de politique sportive passera de 260 millions d’euros à 133 millions d’euros, soit une diminution de plus de 48 % de son budget et ce, dans un contexte où le Projet de Loi de Finances 2018 a prévu une baisse de 7 % du budget du ministère des sports..
Sans même parler de la suppression des contrats aidés qui viennent frapper de plein fouet le monde sportif, c’est un désengagement massif du gouvernement sur les politiques sportives des territoires.. On parlait du pouvoir central jacobin ce matin, c’est vrai donc aussi pour la politique sportive. Et pourtant, dans le même temps, les représentants de l’état dans le département ne nous parlent que des jeux olympiques de Paris 2024.. Obtention de jeux, dont bien sur je me réjouis pleinement.
Mais le ministère ne doit pas oublier une chose : les athlètes français, bretons et finistériens de Paris 2024 viennent de nos clubs..  Ils méritent ainsi d’autres signaux que ceux envoyés en ce moment.. Car si nous soutenons avec force les jeux olympiques en souhaitant en faire un temps de fête et de partage, aujourd’hui dans les clubs, c’est la défiance qui l’emporte et les collectivités que nous sommes ne pourront pas compenser en permanence les désengagements actuels.
Sans doute que là aussi, et puisque c’est un peu le thème du jour.. il faudra « monter à Paris » pour que nos acteurs sportifs locaux retrouvent un peu de sérénité..