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Agir face à l’urgence sociale – Communiqué du groupe Finistère et Solidaires – Séance plénière du 20 décembre 2018

Depuis le 17 novembre dernier, de nombreux Français.es dénoncent à travers une forte mobilisation citoyenne leurs difficultés croissantes à faire face au quotidien et des conditions de vie de qui se dégradent.

Ils attendent certes une augmentation de leur pouvoir d’achat, mais aussi des services publics de proximité, en milieu rural comme en milieu urbain. Ils expriment leur aspiration à plus d’égalité, de justice sociale et fiscale, à plus de participation citoyenne.

Cette crise sociale et politique est d’ampleur. Elle traduit un sentiment de déclassement et de renforcement des inégalités sociales, économiques et territoriales dans notre pays. Face à la défiance, à la colère, nous appelons le gouvernement à prendre la mesure de l’expression citoyenne et à renouer le dialogue. Profondément, la République est interpelée dans sa promesse, celle de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité et la réponse attendue est d’abord celle de l’Etat.

Trop d’impôts et de taxes entend-on. Mais trop d’impôts pour quoi ? Pour l’éducation ? L’hôpital ? L’armée ? Pour l’insertion des travailleurs handicapés ? Pour l’accueil de nos ainés en EHPAD ?

Attaquons-nous tout d’abord à la fraude fiscale, évaluée entre 60 et 100 milliards d’euros par an. D’autant plus avec la disparition de l’ISF, comment appeler à la contribution des plus faibles quand on en extrait les plus fortunés d’entre nous ? L’impôt n’est consenti que lorsqu’il est juste et payé avant tout par ceux qui le peuvent.

Nos concitoyens ont besoin du service public pour vaincre la peur du déclassement. Car sans espoir d’un avenir meilleur, c’est la République qui est attaquée. Alors, on regarde « en bas », stigmatisant les « déclassés », alors que ceux d’en haut s’en sortent dans le « nouveau monde ».

Notre département défend un autre projet : celui de la solidarité et la protection de tous, par tous. Quand on s’attaque sérieusement à l’analyse de la dépense publique (ex : l’assurance maladie, l’assurance retraite, le RSA, l’allocation d’adulte handicapé…), on se rend compte qu’elle est plus performante, plus protectrice que le recours au privé.

Ce modèle n’est pas le nôtre, il n’est pas la promesse républicaine. Ne nous laissons pas attirer par les sirènes des libéraux qui veulent faire basculer dans des intérêts privés des pans entiers de l’action publique, celle qui protège, accompagne, et qui sans elle livrerait les plus faibles d’entre nous à l’isolement, au désespoir, au seul horizon de la survie.

Écoutons la colère, et travaillons à redonner l’espoir. Il en est de la responsabilité première de l’Etat, mais nous apporterons notre contribution à ce travail, convaincu que dans un monde sans sens, ou seule la réussite économique primerait, notre pays a un autre modèle à proposer, celui de la promesse républicaine.

En tant que collectivité de la solidarité, le Conseil départemental est l’échelon incontournable pour accompagner les familles et les personnes qui rencontrent des difficultés momentanées ou plus durables dans leur quotidien. Par les actions menées, par les missions poursuivies, il participe à l’amélioration des conditions de vie des Finistériennes et des Finistériens, en assurant une présence active de proximité.

Des défis s’imposent à nous et nous élu.e.s de la République des territoires, sommes déterminés à prendre toute notre part dans les actions à mener pour les relever, avec un modèle finistérien et breton éprouvé : celui de la concertation, du dialogue, et de la paix sociale.